Souveraineté et sécurité alimentaire du Sud
Pourquoi l’agriculture moderne doit changer
Mise à jour le Jeudi, 25 Novembre 2010 19:20 Écrit par valorisonsSMA Samedi, 06 Mars 2010 20:06
Susan Schneegans, Rédactice en chef, Planète Science,
Source de l'article : Schneegans, S. (2008) Pourquoi l’agriculture moderne doit changer. Planète science, vol.6, no.3, juillet. Publié par l’UNESCO en libre accès.
Au moment où la hausse des prix des produits agricoles comme le riz, le maïs et le blé alimente des tensions sociales dans près de 40 pays, un rapport présenté le 15 avril au siège de l’UNESCO, à Paris, conclut que les règles de l’agriculture moderne doivent changer. Le rapport est parrainé à la fois par la Banque mondiale, la FAO, le Fonds pour l’environnement mondial, le PNUD, le PNUE, l’OMS et l’UNESCO.
La manière dont le monde produit ses aliments devra radicalement changer afin de mieux servir les pauvres et les affamés, si les pays veulent faire face à l’accroissement de la population et aux changements climatiques, tout en évitant l’effondrement des sociétés et l’épuisement de l’environnement. Tel est le message central de l’Évaluation internationale de la science et la technologie agricoles au service du développement. Elle propose une série d’options afin d’ouvrir une voie nouvelle qui reconnaisse mieux le rôle du petit agriculteur, fixe de nouvelles règles et adopte une approche agro-écologique du problème.
Fruit de trois ans d’un travail ayant impliqué 400 scientifiques, piloté par un Bureau composé de représentants gouvernementaux de pays industrialisés et en développement, d’associations de consommateurs, d’ONG, de producteurs, d’institutions et du secteur privé, cette Évaluation a été approuvée à Johannesburg, le 12 avril, par 57 gouvernements [1]. Le processus avait été lancé en 2002 par la Banque mondiale et la FAO lors du Sommet mondial de Johannesburg sur le développement durable.
À l’origine, le rapport ne devait traiter que de la production mondiale des produits alimentaires. Son champ fut ensuite étendu de façon à couvrir l’équité sociale, les savoirs traditionnels, la santé, les disparités entre les sexes et l’environnement. Pour analyser l’état de l’agriculture mondiale, le rapport examine la problématique des biocarburants (voir Attendre la seconde génération de biocarburants), des cultures génétiquement modifiées (GM), l’affaiblissement de la biodiversité, les applications du savoir-faire traditionnel, la tension des marchés, les droits de propriété intellectuelle, la dégradation de l’environnement et les répercussions des changements climatiques. Il est divulgué au moment même où de multiples émeutes répondent à la montée en flèche des prix alimentaires.
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