La question énergétique

Vers une alimentation moins dépendante des énergies fossiles

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Mise à jour le Lundi, 29 Novembre 2010 04:39 Écrit par valorisonsSMA Mercredi, 24 Novembre 2010 19:39

En cette époque où les aliments parcourent en moyenne 2400 Km avant de se rendre dans nos assiettes, les mises en gardes concernant la raréfaction du pétrole à bas pris par les plus grands spécialistes se multiplient. Ainsi, la destruction de terres arables situées à proximité de centres urbains pourrait bien être une des pires décisions politico-économiques de notre ère : l’explosion prochaine des prix du pétrole amènera tôt ou tard une relocalisation de l’agriculture au niveau national, provincial et municipal.

 

À ce sujet, Jeff Rubin, ex économiste en chef pour les Marchés mondiaux de la banque CIBC, est on ne peut plus clair :

 

« Rien n’influera sur nos villes et nos vies davantage que le sort de [notre alimentation]. [1] (…) D’où proviendra la nourriture de l’avenir ? De votre propre arrière- cour.[2] »

 

Ce type de scénario post-mondialisation est de plus en plus pris au sérieux et provient non pas de groupes écologistes, religieux ou anticapitalistes mais bien des hautes sphères de la finance, d’institutions onusiennes, de hauts fonctionnaires et de l’industrie pétrolière.

Jeff Rubin, par exemple fût célébré à de nombreuses reprises durant ses 20 années de carrière au sein de la CIBC pour des prédictions économiques faites dans les années 90 et 2000. Il est aujourd’hui un conférencier couru et l’auteur d’un étonnant bouquin dans lequel il prédit un baril à 250$ avant 2012 ainsi que la fin de la mondialisation.[3] Ce livre fût d’ailleurs lu et recommandé par le Maire de Québec,  Régis Labeaume[4].

 La question de l’intensité du choc pétrolier est difficilement prévisible. Malgré cela, certains tels que Jeff Rubin osent brosser un tableau de notre avenir. En prédisant une rapide flambée des coûts de transport et l’effondrement du transport interurbain, Rubin voit les banlieues comme condamnées au dépeuplement et rapidement remplacées par les terres agricoles :

« Au cours des années 1990, l’économie américaine a perdu 0,8 hectares de terre agricole chaque minute. Le secteur agricole de l’avenir pourrait bien regagner le terrain perdu au même rythme ».

Rubin vente les ceintures vertes qui bordent Londres ou Toronto et va même jusqu’à suggérer : «  Pensez Seattle, avec ses poules dans les jardins des quartiers résidentiels... Pensez toits verts où l'on cultive des potagers… ».

Encadré A :  Extrait de l’article Une ville verte qu’elle le veuille ou non[5] :

 «Oui, l'agriculture devrait faire partie des discussions électorales municipales», affirme M. Rubin, qui croit notamment au potentiel des fermes urbaines faites de serres superposées. Parce que faire venir notre ail de Chine et notre raisin du Chili coûtera trop cher, il voit ces terres autour des banlieues actuelles, ces champs le long des routes où s'entassent tous les VUS de ceux qui font la routine boulot-bouchon, eh bien il voit tout plein de ces terrains redevenir de grands potagers.

 



[1] Jeff Rubin, Demain un tout petit monde : comment le pétrole entraînera la fin de la mondialisation, Hurtubise2009. page 302-303

[2] Ibid, page 311

[3] Il est à noter que Jeff Rubin fût forcé de quitter son poste parce que la CIBC refusait d’endosser le livre qu’il tenait mordicus à publier l’article du quotidien La Presse : Marie-Claude Lortie : Une ville verte qu’elle le veuille ou non, 24 septembre 2009

[4]  Ce que lisent Régis Labeaume, Daniel Gélinas, Danielle Roy Marinelli..., Le Soleil, 3 avril 2010. http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/livres/201004/02/01-4266964-ce-que-lisent-regis-labeaume-daniel-gelinas-danielle-roy-marinelli.php

[5] Marie-Claude Lortie : Une ville verte qu’elle le veuille ou non, La Presse, 24 septembre 2009. http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/marie-claude-lortie/200909/24/01-904978-une-ville-verte-quelle-le-veuille-ou-non.php

 

Pour un Québec libéré du pétrole en 2030

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Mise à jour le Mardi, 30 Novembre 2010 05:53 Écrit par valorisonsSMA Samedi, 06 Mars 2010 19:12

Équiterre

Sommaire exécutif

Le pétrole des prochaines années sera dispendieux, convoité, sujet aux interruptions d’approvisionnement et utilisé à des fins géopolitiques. Le Québec est à la merci des prix internationaux en plus de dépendre de quelques grands fournisseurs dont la production décline, ou encore de la solidité d’une poignée de régimes politiques plus ou moins problématiques. Pour Équiterre, le Québec doit diminuer sa dépendance au pétrole afin de protéger son économie et lutter contre les changements climatiques, tout en augmentant la qualité de vie et la compétitivité.

Ce document vise à faire la démonstration de l’importance stratégique pour le Québec de diminuer sa dépendance au pétrole. La première partie dresse le portrait de la situation mondiale en matière de disponibilité actuelle et future du pétrole, établissant un scénario réaliste de prix de plus en plus élevés et de difficultés d’approvisionnement  grandissantes.

La deuxième partie situe le Québec dans ce contexte, analyse la provenance de nos importations, notre utilisation de même que le coût de plus en plus important de ces importations sur notre économie. Enfin, la troisième partie propose des chantiers à mettre en oeuvre afin de réduire la dépendance du Québec et en tirer des bénéfices importants.

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