Communiqué- Triste journée pour la protection du territoire agricole de Québec

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COMMUNIQUÉ
Pour toute diffusion immédiate

 

 Québec, le 13 avril 2010 - Hier, la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a donné sa décision finale autorisant l'exclusion de la zone agricole les terres de l'ancienne ferme SMA. Cela illustre tristement qu’elle n'a aucune vision à long terme de la protection du territoire agricole et encore moins de l'agriculture en milieu urbain. Dans cette décision, on nous dit que seuls les besoins en développement justifient l'exclusion et qu'aucune perspective agricole à long terme ne peut y être envisagée. Un argument peu convaincant selon plusieurs organismes, qui croient qu’au contraire il est temps d’envisager une agriculture de proximité, à plus petite échelle.

 D’ailleurs, deux éléments fondamentaux auraient dû faire pencher la balance. En effet, la Ville possède actuellement suffisamment de terrains en zone blanche (zone déjà urbanisée) pour se développer sur elle-même sans avoir à toucher aux terres agricoles. Par ailleurs, l’agriculture conventionnelle (intensive et consommatrice d'intrants) et la présence d'animaux ne sont pas les seules façons d'utiliser à son plein potentiel agricole cette terre. Par conséquent, d'autres projets d'agriculture de proximité tout aussi actifs et dynamiques peuvent y être envisagés. Juger irréalistes les « perspectives agricoles à long terme » de ces terres relève d'une conception figée de l'agriculture qui ne prend pas en compte son évolution actuelle.

 Comme le rappelle Anick Béland Morin, coordonnatrice du Marché de solidarité régionale de Québec, « tant que la Ville de Québec ne sera pas dotée d'un plan d'aménagement cohérent et global qui s'attaque aux réelles causes de l'étalement urbain, soit la dépendance à la voiture et l'absence d'espaces verts augmentant la qualité de vie au centre-ville, nous continuerons à nous étaler au détriment de l'agriculture. »

 Pourquoi pas de l'agriculture en ville ?

 Nous croyons que non seulement l'agriculture a une place en ville, mais que celle-ci doit être pensée en intégrant l'agriculture : ces espaces de verdure nourrissent les urbains, offrent des espaces de conservation de la biodiversité, permettent de diminuer le déplacement des aliments, augmentent la sécurité alimentaire des québécois, offrent une meilleure qualité de vie et permettent de sensibiliser les gens à l'importance de protéger notre patrimoine agricole. Le Réseau d’agriculture urbaine de Québec rappelle que 800 citoyens de Québec se sont déplacés pour venir à la fête des semences et de l‘agriculture urbaine le 7 mars dernier. Il existe donc un intérêt pour ce type d’agriculture déjà pratiquée par de nombreux résidants de Québec.

 Nous déplorons également que la Loi sur la protection du territoire agricole ne permette pas aux citoyens et aux groupes intéressés par la protection du territoire agricole, mais n'étant pas directement dans le voisinage des lots touchés par une demande, d'être « considérés comme étant une personne intéressée ». Cette barrière limite considérablement l'exercice de la démocratie et n'offre aucune tribune concrète pour la remise en question de l'occupation du territoire. Les 1600 citoyens et le groupes opposés à la demande d'exclusion n'ont donc d'autre choix que de rester muets et observateurs devant ce malheureux précédent dont la logique remet en question la pérennité de tous les espaces agricoles en milieu urbain.

 Plusieurs membres du Réseau d'agriculture urbaine de Québec (le Marché de solidarité régionale de Québec, les Urbainculteurs, les Amis de la Terre de Québec) invitent la Ville de Québec qui deviendra propriétaire du terrain à conserver une partie agricole en hommage au patrimoine agricole entretenu par les Soeurs de la Charité au cours des 114 dernières années. Une parcelle d'agriculture urbaine située sur cette terre d'excellente qualité permettrait de démontrer l'engagement de la Ville pour la qualité de vie de ses habitants et de ne pas oublier le caractère agricole de cette ferme urbaine faisant autrefois la fierté des instances gouvernementales autant provinciales que municipales. De plus, cela répondrait à la demande croissante pour des espaces de jardins communautaires ou collectifs à Québec.

 Pour information: Anick Béland-Morin, Marché de solidarité régionale de Québec (MSRQ)
Tel : 418 780-4355 | Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.